JMJ de Tahiti 2016

Cottanceau jean pierre 2015JMJ de Tahiti 2016 en communion avec le Pape et les jeunes présents aux JMJ de Cracovie (Pologne)

Messe du dimanche 31 juillet 2016

Homélie du R.P. Jean-Pierre COTTANCEAU, sscc, Administrateur Apostolique de l’archidiocèse de Papeete

Chers Jeunes,

            A l’heure où des milliers de jeunes comme vous, dont une petite délégation de notre Fenua, sont rassemblés en Pologne autour de notre bien aimé Pape François, il est heureux que le CDPJ ait eu l’idée de cette rencontre, de ces JMJ diocésaines. Je suis certain que beaucoup d’entre vous auraient aimé se trouver à Cracovie pour participer à ce temps fort avec la jeunesse internationale, et pour vivre ce moment de communion particulier avec le Saint Père. Mais la Pologne, c’est loin de Tahiti, et la situation économique de beaucoup de vos familles impose des sacrifices et des renoncements. Cependant, grâce à la technique, vous avez pu, comme beaucoup de Chrétiens dans le monde, partager quelques moments forts de ces JMJ. Pour cela, vous avez marché, vous avez chanté, vous avez partagé, vous avez prié, exprimant ainsi votre désir de ne pas rester à l’écart de cet événement, mais de le vivre à votre façon. Quand je vous vois si nombreux et si enthousiastes, je me dis que notre diocèse est bien vivant. Encore faut-il que ce rassemblement ne soit pas qu’un feu de paille et que chacun et chacune d’entre vous veuille prendre au sérieux son engagement de Chrétien. Le Saint Père ne dit pas autre chose lorsqu’il s’adresse aux jeunes rassemblés à Cracovie.

Le Saint Père vous dit, je cite : « L’humanité a besoin (…) de jeunes comme vous, qui ne veulent pas vivre leur vie ‘à moitié’ des jeunes prêts à consacrer leur vie au service gratuit des frères les plus pauvres et les plus faibles, à l’imitation du Christ, qui s’est donné tout entier pour notre salut. Face au mal, à la souffrance, au péché, l’unique réponse possible pour le disciple de Jésus est le don de soi, y compris de sa vie, à l’imitation du Christ ; c’est l’attitude du service. Si quelqu’un, qui se dit chrétien, ne vit pas pour servir, sa vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Par sa vie, il renie Jésus Christ.» (fin de citation). Ce soir, vous serez de retour chez vous, dans vos familles, vos quartiers. Qu’allez-vous faire de cette invitation du Pape ? Restera-t-elle au rayon des souvenir ? Ou résonnera t’elle assez fort dans votre cœur pour qu’avec d’autres, vous la mettiez en pratique ?

Les lectures que nous venons d’entendre peuvent nous aider à comprendre ce que Dieu attend de nous. La première lecture nous dit : « vanité des vanités, tout est vanité ». Ici, vanité n’est pas orgueil, mais désigne la buée, la fumée, ce que l’on ne peut retenir entre ses mains, ce qui ne se conserve pas. Les choses de la terre sont vanité car elles ne durent pas, elles passent, comme d’ailleurs notre vie. La mode ? Elle passe. Les tubes de musique, les chanteurs ? Ils passent. La technologie ? Ce qui était le top hier devient aujourd’hui dépassé. L’homme de la parabole que nous venons d’écouter pensait être à l’abri en entassant son grain et en s’appuyant ainsi sur sa richesse. Vous avez entendu ce qu’il advint de lui ! Et vous ? Sur qui et sur quoi voulez-vous bâtir votre vie ? Sur du vent ? Sur la vanité des choses humaines et terrestres ? Soyons clairs. Jésus ne méprise pas les biens de la terre, il ne conteste pas les joies terrestres. Il est bien là, à Cana, pour se réjouir, et saura procurer le vin de la noce lorsque celui-ci viendra à manquer. Il aime la nature, les fleurs, quand l’épi de blé produit son fruit et la vigne son raisin. Il aime et accueille les enfants, le jeune homme riche qu’il appelle à le suivre. Il connait la valeur de l’amitié et pleure devant le tombeau de son ami Lazare, le frère de Marthe et de Marie. Mais en même temps, il nous met en garde. Toutes ces choses, ces richesses, sont-elles le but de notre vie ? Des richesses à garder jalousement pour nous ? Ou sont-elles un moyen pour nous permettre d’aimer, de partager, de rendre l’autre heureux ?  Votre vie, voulez-vous la garder pour vous de façon égoïste, ou êtes-vous prêts à la donner, à la partager ? Lorsque nous arrêtons de transmettre la vie autour de nous,  à ce moment la vie flétrit en nous. Notre vie n’a de sens que si on la donne. L’homme vit aussi du  joyeux plaisir  du pain quotidien, mais d’un pain qui soit « nôtre », à demander et à partager.

            La phrase de Jésus : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède » exprime le sens de la parabole d’aujourd’hui qui parle du riche satisfait d’avoir beaucoup de choses et qui pense avoir longue vie. Jésus nous apprend combien il est stupide et vain de croire que le salut, la vie rachetée consiste à posséder toujours davantage. Ce n’est pas la simple propriété qui est condamnée mais l’illusion de trouver la sécurité dans les bien que l’on possède. Alors, êtes-vous prêts à donner sens à votre vie en la donnant afin que par vous éclate au grand jour la miséricorde du Père, cette miséricorde qui pardonne, ouvre l’avenir et redonne d’espérer ? Etes-vous prêts à combattre la violence, la destruction de la vie, le manque de respect dû à votre prochain ? Ce qui compte aux yeux de Dieu n’est pas ce que nous possédons, mais ce que nous sommes ! Non pas ce que nous gardons pour nous mais ce que nous donnons et partageons.