PKO 09.06.2013


Dimanche 9 juin 2013 – Xème Dimanche du Temps ordinaire – Année C

Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°35/2013

HUMEURS

L’HYPOCRISIE… ÇA SUFFIT !

« Un chrétien doit éviter d’être politiquement correct » Pape François - mardi 4 juin 2013

 Vendredi matin dernier, à 4h50 la Police municipale intervient pour réveiller les S.D.F. qui dorment comme chaque nuit sur le passage d’accès pour personnes à mobilité réduite de la Cathédrale.

J’interpelle les agents pour leur demander le motif de cette action aujourd’hui… aucun incident ne nous ayant été signalé, réponse « Un paroissien s’est plaint auprès de la municipalité ! »

Cette hypocrisie suffit !

Depuis des années nous subissons les exactions des jeunes clients des discothèques Morrison’s et Mango toutes les fins de semaine … musique à fond, cris, bagarres, dégradations des murs, bris de fenêtre, odeur d’urine tout le long du Collège et du presbytère… Mais là rien… ou des simulacres d’interventions…

Lorsque j’ai interpellé les agents qui intervenaient vendredi matin auprès des S.D.F. la réponse fut : « Mais, Monsieur, cela fait des années que je travaille de nuit… jamais je n’ai reçu un appel téléphonique de votre part ! » J’ai cru rêver…  des plaintes au sujet de ces problèmes graves et récurrents des fins de semaine … nous les crions sur tous les toits depuis des années… cela nous a même valu d’être accusé de vouloir empêcher les jeunes de s’amuser, les tenanciers de discothèques de faire des affaires… Il est vrai que depuis quelque temps nous n’appelons plus la Police municipale… puisqu’elle nous a renvoyée elle-même, il y a peu, vers la Police nationale… au prétexte qu’il n’y avait plus de brigade de nuit à la Mairie !

Monsieur le Maire, laissez donc les S.D.F. dormir en paix… ne revenons pas au temps peu glorieux où vous les faisiez ramasser au milieu de la nuit par votre Police municipale pour les déposer à Papenoo dans l’espoir peut-être de « nettoyer » la ville !

Par contre veillez à la tranquillité de vos administrés et de nos paroissiens les fins de semaine en exigeant des discothèques qu’elles respectent l’arrêté municipal au sujet des nuisances sonores nocturnes et se mettent aux normes « anti-bruit » au lieu de donner, en catimini, l’autorisation d’aménager des espaces en plein air pour accueillir leurs clients !

Nous n’attendons pas de passe droit… nous exigeons la justice égale pour tous et non pour quelques-uns seulement !

 

En marge de l’actualité

Il y a 50 ans… le bon pape Jean entrait dans la vie… éternelle

 

En ce mois de juin, nous faisons mémoire du Bienheureux Pape Jean XXIII qui est entré dans la vie éternelle le 3 juin 1963.

Le Pape François lui a rendu hommage avec des pèlerins italiens du diocèse de Bergame où le « Bon Pape Jean » était né, exactement à Sotto il Monte.

Depuis sa béatification par Jean-Paul II, il repose en la basilique Saint-Pierre et des milliers de visiteurs passent le prier et lui rendre hommage.

Devenu prêtre et « diplomate », il aurait voulu servir l’Église en Argentine, mais le Pape Pie XII l’enverra comme visiteur apostolique en Bulgarie. Il sera ensuite en Turquie et en Grèce (1935-1944), où il fera des merveilles auprès des réfugiés et notamment des juifs persécutés pour aider leur passage vers la Palestine.

Pendant la seconde guerre mondiale, il fait distribuer des permis gratuits d’émigration par la délégation apostolique en particulier vers la Palestine sous mandat britannique, des certificats de baptêmes temporaires et des sauf-conduits, ainsi que des vivres et vêtements en s’appuyant sur la Croix Rouge.

Bien d’autres gestes en faveur de ceux qu’il nomme les « cousins et compatriotes de Jésus », auraient sauvé de 24 000 à 80 000 Juifs, justifient pour la fondation internationale Raoul Wallenberg de demander son inscription comme Juste parmi les Nations.

Francophile, Jean XXIII aimait particulièrement la France où il a été Nonce Apostolique après la guerre. Il y était connu pour son humour, sa bonté, sa capacité de dialogue avec qui avait des positions opposées. Il sera aussi le premier Observateur permanent du Saint-Siège à l’UNESCO, à Paris.

Mais pour tout le monde, et spécialement en ce 50ème anniversaire et en cette Année de la Foi, il est celui qui a eu la grande intuition de Vatican II et le courage d’enclencher ce processus de réforme dans la continuité, et non pas la rupture, selon l’exégèse du Concile promue par le Pape Benoît XVI. Et son document le plus lu, au-delà même des frontières visibles de l’Église, est « Pacem in terris » (11 avril 1963).

Lors de sa béatification, le 3 septembre 2000, Jean-Paul II voyait en lui « le Pape qui frappa le monde par son comportement affable, duquel transparaissait sa singulière bonté d’âme » : « Le Pape Jean a laissé dans le souvenir de tous l’image d’un visage souriant et de deux bras ouverts pour embrasser le monde entier. »

Dominique SOUPÉ - Chancelier

 

Stop au gaspillage

Catéchèse du Pape François du mercredi 5 juin 2013

Le pape François a invité à « réfléchir sur le problème de la nourriture perdue et gaspillée, pour déceler des chemins et des modes de vie » qui « peuvent être des véhicules de solidarité et de partage avec ceux qui sont le plus dans le besoin », lors de l’audience de ce mercredi.Il a en effet donné sa catéchèse sous le signe de la « Journée mondiale de l’environnement », célébrée ce jour. Il a fustigé la « culture du déchet » qui « contamine tout le monde » et où « la vie humaine, la personne, n’est plus perçue comme une valeur primordiale à respecter et à protéger ». « Cette culture du déchet nous a rendus insensibles aussi au gaspillage et à la vue des déchets alimentaires, qui sont d’autant plus détestables que partout dans le monde, malheureusement, tant de personnes et de familles souffrent de faim et de malnutrition », a-t-il ajouté. De même, il a dénoncé le système actuel d’« une économie et d’une finance privées d’éthique » : « Ce qui commande aujourd’hui, ce n’est pas l’homme, c’est l’argent, l’argent, c’est l’argent qui commande. Et Dieu notre Père nous a confié la charge de garder la terre, pas pour l’argent, mais pour nous, pour les hommes et les femmes, c’est notre devoir ! »

Chers frères et sœurs, bonjour !

Je voudrais m’arrêter aujourd’hui sur la question de l’environnement, comme j’ai déjà eu l’occasion de le faire en diverses occasions. C’est aussi la Journée mondiale de l’environnement que nous célébrons aujourd’hui, qui me l’inspire. Promue par les Nations unies, elle rappelle fortement la nécessité d’éliminer le gaspillage et la destruction de nourriture.

Quand nous parlons d’environnement, du créé, ma pensée va aux premières pages de la Bible, au Livre de la Genèse, qui affirme que Dieu a mis l’homme et la femme sur la terre pour qu’ils la cultivent et la gardent (cf. 2,15). Et je me pose des questions : Que veut dire cultiver et garder la terre ? Est-ce que nous cultivons et gardons vraiment le créé ? Ou est-ce que nous l’exploitons et le négligeons ? Le verbe « cultiver » évoque pour moi le soin de l’agriculteur pour sa terre, afin qu’elle porte du fruit et que celui-ci soit partagé : que d’attention, de passion et de dévouement ! Cultiver et garder le créé, une indication que Dieu n’a pas donnée seulement au commencement de l’histoire, mais à chacun de nous ; cela fait partie de son projet, cela veut dire faire croître le monde avec un sens de la responsabilité, le transformer pour qu’il soit un jardin, un lieu habitable pour tous. Benoît XVI a rappelé plusieurs fois que cette tâche, qui nous a été confiée par Dieu créateur, demande que l’on saisisse le rythme et la logique de la création. Et nous, au contraire, nous sommes souvent guidés par l’orgueil de la domination, de la possession, de la manipulation, de l’exploitation ; nous ne la « gardons » pas, nous ne la « respectons » pas, nous ne la considérons pas comme un don gratuit dont il faut prendre soin. Nous sommes en train de perdre l’attitude de l’étonnement, de la contemplation, de l’écoute de la création ; et ainsi, nous ne réussissons plus à y lire ce que Benoît XVI appelle « le rythme de l’histoire d’amour de Dieu avec l’homme ». Pourquoi en sommes-nous là ? Parce que nous pensons et nous vivons de manière horizontale, nous nous sommes éloignés de Dieu, nous ne lisons pas les signes qu’il donne.

Mais « cultiver et garder », cela ne concerne pas seulement les rapports entre nous et l’environnement, entre l’homme et le créé, cela concerne aussi les relations humaines. Les papes ont parlé d’écologie humaine, qui est strictement liée à l’écologie de l’environnement.

Nous vivons actuellement un moment de crise ; nous le voyons dans l’environnement, mais nous le voyons surtout dans l’homme. La personne humaine est en danger : ça, c’est certain, aujourd’hui, la personne humaine est en danger, voilà l’urgence de l’écologie humaine ! Et le danger est grave parce que la cause du problème n’est pas superficielle, elle est profonde : ce n’est pas seulement une question d’économie, mais c’est un problème éthique et anthropologique. L’Église l’a souligné plusieurs fois et nombreux sont ceux qui disent : oui, c’est juste, c’est vrai… Mais le système continue comme avant, parce que ce qui domine, ce sont les dynamiques d’une économie et d’une finance privées d’éthique. Ce qui commande aujourd’hui, ce n’est pas l’homme, c’est l’argent, l’argent, c’est l’argent qui commande. Et Dieu notre Père nous a confié la charge de garder la terre, pas pour l’argent, mais pour nous, pour les hommes et les femmes, c’est notre devoir ! Et au contraire, des hommes et des femmes sont sacrifiés aux idoles du profit et de la consommation : c’est la « culture du déchet ». Si un ordinateur se casse, c’est une tragédie, mais la pauvreté, les besoins, les drames de tant de personnes finissent par faire partie de la normalité… et pendant une nuit d’hiver, près d’ici, rue Ottaviano, par exemple, une personne est morte, ça ce n’est pas une nouvelle. Si, dans tant d’endroits dans le monde, il y a des enfants qui n’ont pas à manger, ce n’est pas une nouvelle, cela semble normal. Il ne peut pas en être ainsi ! Et pourtant, tout cela fait partie de la normalité. Que des personnes sans abri meurent de faim dans la rue, cela ne compte pas comme une nouvelle. En revanche, une chute de dix points à la bourse dans certaines villes est une tragédie. Quelqu’un qui meurt de faim, ce n’est pas une nouvelle, mais s’il y a une baisse de dix points à la bourse, c’est une tragédie ! Et c’est comme cela que les personnes sont éliminées, comme si elles étaient des déchets.

Cette « culture du déchet » tend à devenir la mentalité générale, qui contamine tout le monde. La vie humaine, la personne, n’est plus perçue comme une valeur primordiale à respecter et à protéger, surtout si elle est pauvre ou handicapée, si elle ne sert pas encore, comme le nouveau-né, ou si elle ne sert plus, comme la personne âgée. Cette culture du déchet nous a rendus insensibles aussi au gaspillage et à la vue des déchets alimentaires, qui sont d’autant plus détestables que partout dans le monde, malheureusement, tant de personnes et de familles souffrent de faim et de malnutrition. Autrefois, nos grands-parents étaient très attentifs à ne rien jeter de la nourriture qui restait. La société de consommation nous a poussés à nous habituer au superflu et au gaspillage quotidien de nourriture parce que parfois nous ne sommes plus capables de lui donner sa juste valeur, qui va bien au-delà des simples paramètres économiques. Mais rappelons-nous bien que lorsque nous jetons de la nourriture, c’est comme si nous l’avions volée à la table du pauvre, de celui qui a faim ! Je vous invite tous à réfléchir sur le problème de la nourriture perdue et gaspillée, pour déceler des chemins et des modes de vie qui, si nous affrontons sérieusement cette problématique, peuvent être des véhicules de solidarité et de partage avec ceux qui sont le plus dans le besoin.

Il y a quelques jours, pour la fête du Saint-Sacrement, nous avons lu le récit du miracle des pains : Jésus donne à manger à la foule avec cinq pains et deux poissons. Et la conclusion du passage est importante : « Ils mangèrent et furent tous rassasiés, et ce qu'ils avaient eu de reste fut emporté : douze couffins de morceaux ! » (Lc 9,17). Jésus a demandé aux disciples que rien ne soit perdu : pas de déchets ! Et il y a ce fait des douze couffins ; pourquoi douze ? Qu’est-ce que cela signifie ? Douze est le nombre des tribus d’Israël, cela représente symboliquement le peuple tout entier. Et cela nous dit que lorsque la nourriture est partagée de manière équitable, dans un esprit de solidarité, personne n’est privé du nécessaire, chaque communauté peut aller au-devant des besoins des plus pauvres. Écologie humaine et écologie environnementale marchent ensemble.

Je voudrais donc que nous prenions tous sérieusement l’engagement de respecter et de garder le créé, d’être attentifs à chaque personne, de nous opposer à la culture du gaspillage et du déchet, pour promouvoir une culture de la solidarité et de la rencontre. Merci !

© Copyright 2013 - Libreria Editrice Vaticana


Les effets néfastes des jeux d’argent

Lettre pastorale du Cardinal Thomas COLLINS, archevêque de Toronto

Si le rapport du CESC laisse entendre que des membres du clergés diocésains sont favorable aux Casinos, ce n’est certainement en communion avec l’Église universelle ! À l'occasion du projet d'implantation d'un nouvel établissement de jeux d'argent dans son diocèse, le cardinal Collins, archevêque de Toronto (Ontario, Canada), a publié au mois d'avril 2013 une lettre pastorale. Il y souligne les graves conséquences sociales de l'addiction au jeu, dénonce la dépendance financière du gouvernement provincial à ce type de ressources, enjoint les communautés et œuvres de charité de vérifier que leur financement n'a aucun lien avec cette industrie.

Aux fidèles de l'archidiocèse de Toronto,

Au cours de mes années de ministère pastoral comme prêtre et évêque, j'ai pris conscience avec tristesse de la profonde souffrance causée par la dépendance aux jeux d'argent chez des personnes et des familles. Nous avons maintenant à débattre du projet d'installation d'un grand casino dans notre région. Bien que ce débat concerne pour l'instant Toronto, beaucoup d'autres sites proposés sont également sur notre archidiocèse. C'est pourquoi je donne ici un avis pastoral à notre communauté catholique.

Ce débat est une bonne occasion pour chacun de nous de réfléchir plus en profondeur aux effets des jeux d'argent dans notre communauté1.

L'impact social des jeux d'argent

Depuis quelques années, les gouvernements utilisent de plus en plus les jeux d'argent pour accroître les revenus de l'impôt, suggérant aussi que ces jeux profitent à l'économie. Il est compréhensible que les gouvernements soient tentés par cette perspective qui semble facile à mettre en œuvre. Mais même si l'établissement d'un casino produisait de significatifs bénéfices économiques à long terme, ce qui est loin d'être établi, son impact social négatif l'emporterait et produirait un effet contraire sur la vitalité et la santé sociale de notre communauté.

On soutient encore parfois qu'un nouveau casino créerait des emplois et attirerait visiteurs et touristes. C'est une approche à courte vue. Il faut considérer les effets globaux du développement des jeux d'argent. Je vous recommande de lire le rapport du Médecin hygiéniste en chef, « Impact sur la santé publique d'un casino à Toronto », du 28 janvier 2013. Il conclut que « par rapport à tous les autres impacts potentiels, les données disponibles indiquent que l'introduction d'un nouveau casino est susceptible d'avoir des répercussions sur la santé plus graves que ses effets bénéfiques ».

Je suis particulièrement inquiet pour les couples et les familles. La construction d'un grand casino supplémentaire facilitant encore l'accès aux jeux d'argent va déstabiliser ou même détruire certains d'entre eux. Les familles sont une préoccupation constante de nos Services catholiques de la famille et des agences membres des Catholic Charities de l'archidiocèse. De même dans nos paroisses, nous cherchons à fortifier les familles et nous faisons face à la souffrance que l'addiction aux jeux provoque chez les personnes et les familles. Nous cherchons à soigner, et nous sommes préoccupés par le développement de ce qui fait du mal. Les jeux d'argent sont bel et bien autorisés par la loi, et de fait fortement soutenus par le gouvernement. Au regard de la souffrance qu'ils peuvent provoquer, cependant, il est important de considérer de quelle lumière notre foi chrétienne et la raison éclairent toutes deux les questions morales qui y sont liées.

Les jeux d'argent occasionnel et à petite échelle peuvent être une forme légitime de divertissement et ne sont pas un mal en soi. Le Catéchisme de l'Église catholique, dans la section traitant du respect des personnes et de leurs biens, déclare que les jeux de hasard ou les paris ne sont pas en eux-mêmes contraires à la justice, mais qu'ils deviennent moralement inacceptables lorsqu'ils privent les gens de ce qui est nécessaire pour leurs besoins et ceux des autres2. C'est ce qui arrive malheureusement beaucoup trop souvent. Le Catéchisme note aussi le pouvoir d'asservissement du jeu. Les personnes, comme le gouvernement, comme aussi les organisations charitables peuvent être asservis par l'appât de gains faciles par le jeu. Et cela n'est évidemment pas sain.

L'Assemblée des évêques catholiques de l'Ontario a constamment exprimé sa préoccupation au sujet de la prolifération du jeu, conseillant aux gouvernements d'adopter une approche plus prudente de la promotion de cette source de revenus. Cette préoccupation n'a fait que croître à mesure que le jeu se développait au cours des 30 dernières années pour devenir une composante essentielle des recettes du gouvernement3.

Le jeu est par nature fondé sur l'illusion, spécialement séduisante pour les plus vulnérables et les plus désespérés, qu'il est une solution de facilité pour régler rapidement les problèmes financiers auxquels ils font face. C'est une cruelle illusion, et il n'est pas sain pour les autorités de promouvoir ces jeux d'argent, notamment à travers une intense publicité.

On dit parfois que les ressources venant des jeux d'argent pourraient être utilisées pour traiter ceux qui souffrent d'addiction au jeu. Outre le fait que ceci procède d'une logique douteuse, puisqu'il est plus sensé de commencer par ne pas provoquer le problème avant de le traiter, l'addiction au jeu est une sérieuse affaire de santé publique. Il est prouvé qu'un montant significatif des revenus collectés provient des personnes les plus vulnérables à la dépendance au jeu4. Quand le jeu est si facile d'accès, et qu'il est promu par une publicité si agressive, il est très difficile d'empêcher nos jeunes de le considérer comme une activité intéressante ; ses effets négatifs sont masqués5.

L'attitude de l'Église face aux jeux d'argent

Puisque nous réfléchissons à cette importante question pour la société civile dans laquelle nous vivons comme citoyens, nous devons aussi scruter soigneusement notre attitude comme Église : ne sommes-nous pas, nous aussi, pris dans une dépendance malsaine au jeu qui pourrait nuire à autrui ? Je demande à toutes les organisations catholiques de mettre au jour tout lien qu'elles pourraient avoir avec les jeux d'argent à travers leurs sources de revenus. Si nous sommes liés à quelque forme que ce soit de jeu d'argent susceptible de causer du tort, nous devons trouver des alternatives dès que possible. Nous ne devons pas financer nos bonnes œuvres par des moyens qui provoquent la souffrance d'autrui.

En tant que communauté catholique, nous devons évaluer soigneusement les propositions de nos élus et ajouter des commentaires éclairés à la discussion. L'implantation d'un grand casino supplémentaire est-il un développement réellement sain qui améliore la qualité de la vie dans notre communauté ? Plus de jeux d'argent, cela construit-il une meilleure société pour les personnes et pour les familles ? Pouvons-nous soutenir la nouvelle extension d'une réalité qui déjà fait du mal aux plus vulnérables d'entre nous ?

Puissions-nous nous rassembler dans le soin des plus vulnérables d'entre nous et, guidés par le souci du bien commun, former une communauté vraiment saine où les personnes et les familles peuvent s'épanouir.

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1.____________________ En 2011, l'industrie des jeux d'argent a produit 8 milliards de dollars canadiens, soit 6,2 milliards d'euros. Selon des chiffres rapportés par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé, en 2012, les Français ont misé 32,5 milliards d'euros aux jeux d'argent. À titre de comparaison, le déficit du régime général de la Sécurité sociale, la même année, est de 13,3 milliards d'euros.

2.            Catéchisme de l'Église catholique n° 2413 : « Les jeux de hasard (jeu de cartes, etc.) ou les paris ne sont pas en eux-mêmes contraires à la justice. Ils deviennent moralement inacceptables lorsqu'ils privent la personne de ce qui lui est nécessaire pour subvenir à ses besoins et à ceux d'autrui. La passion du jeu risque de devenir un asservissement grave. Parier injustement ou tricher dans les jeux constitue une matière grave, à moins que le dommage infligé soit si léger que celui qui le subit ne puisse raisonnablement le considérer comme significatif. »

3.            « Le jeu, en tant qu'activité, n'est pas en soi une préoccupation majeure. Cependant, les retombées de cette activité dans la culture actuelle posent de sérieux problèmes. Les voici : 1. Le jeu devient une source essentielle de revenu du gouvernement dans notre société. Il est donc en voie d'institutionnalisation, et notre société en est de plus en plus dépendante. Nous allons perdre notre liberté de le contrôler ou de l'éliminer. 2. Il ne fait aucun doute qu'un montant disproportionné du revenu provenant du jeu vient des plus pauvres de la société. 3. Alors que notre société atteint un point de saturation des formes de jeux et de leurs points d'accès, le marketing devient très agressif et l'incitation à jouer augmente. 4. Il a été montré que certains types de jeux sont addictifs. C'est le cas des machines de loterie vidéo. 5. D'après l'expérience faite dans d'autres sociétés, on peut s'attendre à l'augmentation des problèmes sociaux et à la présence du crime organisé. 6. L'introduction d'établissements comme les casinos dans une communauté crée de l'emploi et attire les visiteurs. Si l'on prend en compte tous les coûts, il n'est pas évident que le rapport bénéfices/coûts soit avantageux. 7. Il n'est pas possible, dans ce contexte, de protéger les jeunes des occasions de jouer aux jeux d'argent. » Commission des Affaires sociales, Assemblée des évêques catholiques de l'Ontario, « À propos des jeux d'argent » - juillet 1998

4.            « En Ontario, 36 % des revenus tirés du jeu viennent de personnes affectées de dépendance modérée à sévère au jeu. » Problem Gambling Institute of Ontario, The Impact of Gambling Expansion in Ontario, Q & A, Novembre 2012.

5.            En 2009, la dépense moyenne par Ontarien était de 455 dollars, contre 105 dollars en 1992. On estime qu'entre 1,2% et 3,4% des Ontariens souffrent d'addiction modérée à sévère au jeu. Ce taux est de 6,9 % pour les jeunes adultes (18-24 ans). Problem Gambling Project, Centre for Addiction and Mental Health (CAMH), Problem Gambling: The Issues, the Options, 2012.

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À propos du tournage d’un clip d’Arielle DOMBASLE

à la chapelle du Val de grâce le 4 juin 2013

L’évêque aux Armées déplore le tournage d’un clip dans la chapelle du Val-de-Grâce sans l’autorisation de l’aumônier. Mardi 4 juin 2013, un clip musical a été tourné à l’intérieur de la chapelle du Val-de-Grâce (Paris) sans l’aval de l’aumônerie militaire, affectaire des lieux. Sollicité un mois avant, le P. Emmanuel Dollé, aumônier militaire du Val-de-Grâce, avait refusé de donner son accord pour ce tournage de la dernière vidéo de la chanteuse Arielle Dombasle. Le clip mettait en scène la chanteuse Arielle Dombasle chantant l’Ave Maria sur fond d’église, entourée de moines et d’anges. Des éléments qui « ne montrent à notre connaissance aucun élément directement attentatoire à notre foi, à nos signes et rites sacrés, reconnaît Mgr Ravel. En tant qu’évêque, seul habilité par le droit à trancher sur ces faits, je n’y vois donc pas une profanation ou un blasphème, au contraire de ce qui s’est déroulé dans la chapelle de la base navale de Toulon au mois de décembre 2012 . » Sur Internet, des catholiques parlaient mardi de « profanation » à propos de ce tournage.


Communiqué de l’évêque aux armées

Ce mardi 4 juin 2013, un clip musical a été tourné à l’intérieur de la chapelle du Val de Grâce sans l’aval de l’aumônerie militaire. Je déplore les conditions de ce tournage et je ferai tout pour que la clarté soit faite autour des autorisations données et, en particulier, de la tenue à l’écart des responsables religieux. Beaucoup de personnes nous ont fait part de leur émotion et de leur blessure : je les partage totalement.

Par ailleurs, les plus hautes autorités militaires et civiles du ministère de la Défense ont été immédiatement prévenues et une enquête de commandement a été diligentée dès le mardi soir. Cette affaire est prise très au sérieux par tous. Je les en remercie au nom de tous les catholiques et de tous les croyants de quelques religions qu’ils soient.

Ce clip visait à mettre en scène la chanteuse Arielle Dombasle chantant l’Ave Maria sur fond d’église, entourée de moines et d’anges. Ces éléments ne montrent à notre connaissance aucun élément directement attentatoire à notre foi, à nos signes et rites sacrés. En tant qu’évêque, seul habilité par le droit à trancher sur ces faits, je n’y vois donc pas une profanation ou un blasphème, au contraire de ce qui s’est déroulé dans la chapelle de la base navale de Toulon au mois de décembre 2012. Toute prise de parole pour dénoncer les faits doivent, d’une part, éviter les procès d’intentions et, d’autre part, renoncer aux caricatures en cernant au plus près les faits.

En revanche, je déplore et condamne fermement deux manquements lourds de sens.

Le premier, objectif, concerne les conditions du tournage largement décalées par rapport au sacré de cette chapelle malgré la vigilance des autorités militaires en charge du lieu. Si l’Église ne refuse pas a priori les demandes qui lui sont faites concernant un usage extraordinaire de ses lieux saints, elle n’en demeure pas moins gardienne de leur sens en toutes circonstances. Il ne viendrait à l’idée de personne de jouer au foot dans un cimetière même si les surfaces s’y prêtent. Pourquoi user d’une église comme décor de théâtre ? S’il est acceptable de filmer une cérémonie malgré les contraintes techniques, c’est en raison du bénéfice spirituel qu’en tireront des personnes absentes ou malades. Un tel tournage conserve le sens des lieux et des cérémonies. Mais il n’est pas acceptable que des sanctuaires vivants et priants servent à la promotion du show business ou d’une marque de parfum. Il existe des studios pour cela.

Le second, subjectif, touche au processus de décision qui « oublie » aujourd’hui l’expertise et l’autorité catholiques, moi-même ou l’un de mes représentants. Oubli d’autant plus regrettable qu’il a été précédé d’un incident antérieur survenu dans cette chapelle, il y a quelques mois. Il ne s’agit pas de revendiquer une prérogative mais de tenir un droit. Le droit de l’« usager » et le droit de l’expert. Si ce processus n’est pas correctement mis en place, on va cumuler les méfiances, accumuler les erreurs et envenimer un climat général par la suspicion et le mépris réciproques.

Ces deux manquements sont lourds de sens : ils désignent un état mental extrêmement périlleux pour l’avenir de notre vivre en commun en France. Quel est-il ? Inquiet des religions qui lui échappent, l’homme se trouve pourtant attiré par elles et il cherche à les instrumentaliser. Ainsi nos lieux sacrés fascinent : édifices uniques par leur puissante charge symbolique, ils deviennent le décor « nécessaire » d’événements sans aucun lien avec eux. Ainsi, hier, tel pense à se suicider devant l’autel de la cathédrale Notre Dame de Paris pour donner une portée prestigieuse à son geste. Aujourd’hui, telle femme songe au Val de Grâce pour élaborer une image d’infini à son chant. Demain, pourquoi pas ? un autre se chargera de festoyer dans nos vases sacrés transformés en vaisselle de luxe, avec cette note d’interdit qui donne du goût à tout.

Cela rappelle une très vieille histoire, l’histoire du Roi Balthazar, dont on trouve le récit dans le livre du prophète Daniel (Dn 5, 1 à 30). On y lit que Balthazar, roi de Babylone, au cours d’un festin et sous l’emprise du vin, « ordonna d’apporter les vases d’or et d’argent que son père Nabuchodonosor avait ravis au sanctuaire de Jérusalem pour y faire boire le roi, ses seigneurs, ses concubines et ses danseuses. » Les abus de pouvoir se retournent contre leurs auteurs. À peine avaient-ils commencé à boire, qu’une main mystérieuse se mit à écrire sur le mur de la salle. La peur les saisit tous mais seul le prophète pût comprendre l’inscription : « Dieu a mesuré ton Royaume et l’a livré. Tu as été pesé à la balance et ton poids se trouve en défaut. Ton royaume a été divisé et donné à d’autres (Mèdes et perses). »

Une nation s’affaiblit à se fondre dans l’irrespect du sacré, par jeu ou par intérêt. Car le respect est la force des nations. Et la source du respect, c’est l’humilité devant ce qui nous dépasse.

+ Luc Ravel, évêques aux armées, ce 5 juin 2013.

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Syrie : appel à la communauté international

Solution négociée et aide humanitaire

« A la communauté internationale, à côté de la recherche d’une solution négociée du conflit, je demande de favoriser l’aide humanitaire aux personnes déplacées et aux réfugiés syriens, en recherchant en premier lieu le bien de la personne et la sauvegarde de sa dignité », déclare le pape François à propos de la guerre en Syrie. Le pape François a en effet reçu ce mercredi matin au Vatican, avant l'audience générale, dans le « Salon » de la Maison Sainte-Marthe, les participants de la rencontre de coordination des organismes caritatifs catholiques à l'œuvre dans le contexte de la crise syrienne et dans les pays voisins, au secours notamment des réfugiés. Une rencontre promue par le Conseil pontifical Cor Unum, présidé par le cardinal Robert Sarah, qui s'est rendu dans la région en novembre 2012 à la demande de Benoît XVI.


Discours du pape François

Chers amis,

Je vous remercie pour cette rencontre et pour toute l’activité humanitaire que vous déployez en Syrie et dans les pays voisins, en aide aux populations victimes du conflit actuel. J’ai encouragé moi-même le Conseil Pontifical Cor Unum à promouvoir cette réunion de coordination de l’activité déployée par les organismes caritatifs catholiques dans la région. Je remercie le Cardinal Sarah pour son adresse de salutation.

Je souhaite une bienvenue spéciale à ceux qui viennent du Moyen-Orient, en particulier à ceux qui représentent l’Église en Syrie.

La préoccupation du Saint-Siège pour la crise syrienne, et plus particulièrement pour la population, souvent sans défense, qui souffre des conséquences du conflit, est bien connue. Benoît XVI a maintes fois demandé que se taisent les armes et que l’on puisse trouver une solution dans le dialogue, pour parvenir à une réconciliation en profondeur entre les parties. Que se taisent les armes. De plus, il avait voulu exprimer sa proximité personnelle en novembre dernier, en envoyant le Cardinal Sarah dans cette région, accompagnant ce geste de la demande de « n’épargner aucun effort dans la recherche de la paix », et en manifestant concrètement sa paternelle sollicitude par un don auquel ont contribué les Pères du Synode d’octobre dernier.

À moi aussi personnellement, le sort de la population syrienne me tient particulièrement à cœur. Le jour de Pâques j’ai demandé la paix « surtout pour la Syrie bien-aimée, pour sa population blessée par le conflit, et pour les nombreux réfugiés qui attendent aide et consolation. Que de sang a été versé ! Et que de souffrances devront encore être infligées avant qu’on réussisse à trouver une solution politique à la crise ? » (Message Urbi et Orbi, 31 mars 2013).

Devant la persistance des violences et des abus, je renouvelle avec force mon appel à la paix. Ces dernières semaines, la communauté internationale a confirmé son intention de promouvoir des initiatives concrètes pour engager un dialogue fructueux dans le but de mettre fin à la guerre. Ce sont des tentatives qui doivent être soutenues et dont on espère qu’elles pourront conduire à la paix. L’Église se sent appelée à donner le témoignage humble, mais concret et efficace, de la charité qu’elle a reçu du Christ, Bon Samaritain.

Nous savons que là où une personne souffre, là le Christ est présent. Vraiment, nous ne pouvons pas reculer dans les situations de grande souffrance ! Votre présence à la réunion de coordination manifeste votre volonté de continuer avec fidélité l’œuvre précieuse d’assistance humanitaire, en Syrie et dans les pays voisins qui, généreusement, accueillent ceux qui fuient la guerre. Que votre action soit ponctuelle et coordonnée, expression de cette communion qui est en elle-même témoignage, comme l’a suggéré le récent Synode sur le Moyen-Orient.

À la communauté internationale, à côté de la recherche d’une solution négociée du conflit, je demande de favoriser l’aide humanitaire aux personnes déplacées et aux réfugiés syriens, en recherchant en premier lieu le bien de la personne et la sauvegarde de sa dignité. Pour le Saint-Siège, l’œuvre des Agences de charité catholiques est extrêmement significative : aider la population syrienne, au-delà des appartenances ethniques et religieuses, est le moyen le plus direct pour offrir une contribution à la pacification et à l’édification d’une société ouverte à toutes ses diverses composantes. L’effort du Saint-Siège tend également à ceci : construire un avenir de paix pour la Syrie, dans laquelle tous puissent vivre librement et s’exprimer dans leur particularité.

La pensée du Pape va en ce moment aussi aux communautés chrétiennes qui vivent en Syrie et dans tout le Moyen-Orient. L’Église soutient ceux de ses membres qui sont aujourd’hui particulièrement en difficulté. Ceux-ci ont la grande tâche de continuer à rendre présent le christianisme dans cette région où il est né. Et c’est l’un de nos engagements de favoriser la permanence de ce témoignage. La participation de toute la communauté chrétienne à cette grande œuvre d’assistance et d’aide est une exigence du moment présent. Et nous pensons tous, nous pensons tous à la Syrie : tant de souffrance, tant de pauvreté, tant de douleur. C'est Jésus qui souffre, qui est chassé de sa patrie. C'est Jésus. C'est un mystère, mais c'est notre mystère chrétien. Regardons Jésus souffrant dans les habitants de la bien-aimée Syrie.

Je vous remercie encore pour cette initiative et j’invoque sur chacun de vous la bénédiction divine. Celle-ci s’étend en particulier aux chers fidèles qui vivent en Syrie, et à tous les Syriens qui sont actuellement contraints d’abandonner leurs maisons à cause de la guerre. Vous qui êtes ici présents, soyez l’instrument pour dire aux chers peuples de Syrie et du Moyen-Orient que le Pape les accompagne et leur est proche. L’Église ne les abandonne pas !

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Le Corps et le Sang du Christ

Commentaire de l’évangile du Xème Dimanche du Temps ordinaire – Année C

À deux reprises, dans le Premier Testament, on nous parle de la résurrection d’un mort : Elie rend un enfant à une veuve avant qu’Elisée ne fasse pareil avec le fils de la Shounamite Le livre des Actes, dans le Nouveau Testament, rapporte lui aussi deux résurrections : Tabitha, une femme de Joppé, recouvre la vie à la prière de Pierre tandis qu’un adolescent, Euthique, revient à la vie après l’intervention de Paul à Troas.

Dans les évangiles, Jésus lui-même affronte la mort. Il lui arrache trois personnes : la fille de Jaïre, son ami Lazare et, comme le raconte saint Luc, le fils de la veuve de Naïm.

Cependant aucun de ces sept récits ne parle de résurrection à proprement parler. Ils nous montrent des réanimations, analogue aux guérisons de malades. Car ces trois miraculés, une fois réanimés, ont dû, bien sûr, vieillir, devenir malades et alors vraiment mourir.

La réanimation du jeune homme de Naïm, comme celle des six autres personnes dont parlent les Écritures, est foncièrement différente de la résurrection du seul Christ Lui-même. Quand Jésus rend à sa mère le jeune homme de Naïm, il lui redonne comme un sup­plément de temps sur la terre. Il ne s’agit pas d’une autre vie, mais de la prolongation de la même vie. C'est pourquoi les foules voient spontanément dans ce prodige la guérison d’une maladie très grave. Les contemporains de Jésus attribuent à un prophète, à guérisseur, le pouvoir de ramener des morts à la vie, comme le firent Élie et Élisée. Un retour à la vie est certes une guérison plus forte que les autres, mais une guérison.

Il ne s’agit pas du tout de cela pour Jésus. Lorsqu’il ressuscite, quand il sort vivant du tombeau, ce n'est pas pour reprendre ou continuer sa vie sur la terre d’avant sa passion et sa croix. Ce n'est pas non plus rien une manière de dire que la puissance de Dieu est plus forte que celle de la mort. Quand Jésus ressuscite, Il ressuscite pour une vie radicalement autre, une vie nouvelle, pour une vie éternelle, pour une vie qui n'est plus de ce monde. Jésus ressuscité disparaît de ce monde. Il n’est plus visible, il n'est plus soumis au temps, à la précarité, à l’usure, au vieillissement et à la mort.

Jésus ressuscité est vainqueur définitif de la mort. Il ressuscite pour ne plus jamais mourir. « Le Christ ressuscité des morts ne meurt plus » nous dit saint Paul. « Sur Lui la mort n'a plus d'empire. » Quand Il ressuscite, la vie est définitivement victorieuse de la mort. Il fonde, en sa chair ressuscitée, un monde nouveau, un renouvellement si radical du monde, qu’il en devient autre. Ce n'est plus un monde éphémère, soumis au malheur et à la mort, qui va, petit à petit, vers sa perte,  vers sa fin, vers son entropie diraient les physiciens. C'est un monde au-delà de la mort.

Le seul Ressuscité, c’est Jésus. Mais en lui, - et c’est la bouleversante heureuse nouvelle que nous avons à donner à temps et à contretemps -, le mal et la mort sont terrassés. En lui, la vie est gagnante, définitivement. Ces sept résurrections bibliques pour extraordinaires et bouleversantes qu'elles aient été ne sont que des signes avant-coureurs, des images encore très imparfaites et très pâles, de la Résurrection du Christ et de la nôtre qui vient.

En nous, il ne s'agira pas d'un complément de vie, mais d'une vie définitive, comme dans le Christ, d’une vie en plénitude, d’une vie qui n'a plus de rivage et qui n'a plus de fin. C'est à cette vie éternelle que nous allons communier car nous recevons la chair du Christ Ressuscité. En nous la résurrection est déjà commencée. Rendons grâces à Dieu pour ce don qu'Il nous fait.

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