PKO 07.04.2013

Dimanche 7 avril 2013 – 2ème Dimanche de Pâques – Année C

Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°24/2013

HUMEURS

Un nouveau Juda a été trouvé

 Nous ne voulons pas ajouter une polémique à la polémique… simplement une réflexion sur l’affaire Cahuzac, ou plus justement sur les propos de droite et de gauche qui nous laissent assez dubitatifs!

« Impardonnable » est le mot qui revient le plus souvent… avec des petits commentaires : « Le pardon c’est bon pour “La Croix” ou “Témoignage chrétien”… » Attitude qui pose une question de fond : un homme peut-il être réduit à son acte ?

Il n’est pas question ici d’encourager une quelconque impunité face à une faute mais de mettre en garde contre la tentation de l’exclusion… Que toutes fautes soient sanctionnées par la justice et que la peine liée soit effective et appliquée est une nécessité… que la société, par ses responsables, condamne une personne à l’exclusion « définitive » de cette même société : « Impardonnable » est dangereux. Réduire une personne à ses actes est nier la dignité fondamentale de la personne… une personne vaut toujours plus que ses actes… c’est le fondement même du pardon… refusé dans les propos excessifs que nous entendons ces jours-ci dans l’affaire Cahuzac.

Peut-être devrions nous revenir à une attitude plus humble ! Au cours de la Semaine Sainte, nous avons eu l’occasion de nous arrêter sur la trahison de Juda… nous occultons souvent un passage de cet évènement. Après les propos de Jésus : « Amen, je vous le dis : l'un de vous va me livrer »… Luc nous dit : « Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? ». Certes un seul trahira… mais aucun n’est sûr de sa capacité à ne pas le faire… reconnaître notre fragilité est un acte d’humilité fort qui devrait nous rendre plus modestes face aux erreurs des autres !

En ce Dimanche de la Miséricorde Divine, nous devrions y réfléchir… toute faute doit être réparée… mais une personne ne peut jamais être réduite à ces actes… «  Tu vaux plus que tes actes et tes erreurs » C’est cela le pardon !

Non, pas plus qu’un autre, Mr Cahuzac,  n’est « impardonnable » !

 

  En marge de l’actualité

Dimanche de  la Miséricorde Divine : Dieu se fait proche des plus démunis

 Le deuxième dimanche de Pâques est appelé aussi dimanche de la miséricorde divine. Miséricorde veut dire : « cœur sensible à la misère du monde ». L’histoire du salut nous montre que Dieu s’est toujours fait proche de l’homme particulièrement pour les plus démunis, les plus petits.

Son amour va jusqu’à renoncer à ses privilèges divins pour devenir l’un nous, pour devenir un homme : « Lui qui était dans la condition de Dieu, n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu; mais au contraire, il a de lui-même renoncé à tout ce qu'il avait et il a pris la condition de serviteur » (Ph 2, 6-7).

Son abaissement le conduira jusqu’à s’allonger sur le bois de la croix, à épouser la croix, à mourir sur la croix pour le salut du monde. Mais avant de s’offrir en victime pour le rachat de l’humanité, le soir du jeudi saint le Christ prend soin de donner à son Église le mémorial de sa présence pour qu’elle puisse le perpétuer jusqu’à la fin des temps. Cet ultime héritage manifeste combien Dieu désire demeurer près de son peuple et en même temps, lui donne la pleine liberté de le rendre présent.

Le cœur transpercé nous montre combien Dieu est amour et miséricorde. Alors que suspendu à la croix, le Christ pardonne à son bourreau, pardonne la méchanceté de l’homme, son ingratitude, son péché : « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». (Luc 23, 34)

De même, après avoir rendu son âme entre les mains de son Père, le Fils de Dieu continue à se donner : lorsque la lance a transpercé son côté, son cœur, du sang et de l’eau ont coulé, symbolisant la vie, les sacrements de l’Eglise. Les pères de l’Eglise disent « c’est de son côté ouvert que l’Eglise est née ».

Bien qu’il soit livré aux mains des pécheurs, puis maltraité, crucifié, mis à mort sur la croix, le Christ continue à faire naître un peuple nouveau par le baptême de sa mort et de sa résurrection. Qui pourrait Le convaincre d'avoir péché ?

+ Mgr Pascal CHANG SOI

Administrateur Apostolique

 La paix du Christ sur la ville et sur le monde

Message Urbi et orbi du Pape François de Pâques 2013

C'est la paix du Christ que le pape François a souhaité à la ville et au monde, aux maisons et aux peuples, de la loggia des bénédictions de la basilique Saint-Pierre à midi, ce dimanche de Pâques pour l'Église catholique là où l'on suit le calendrier grégorien, en présence de quelque 200 000 personnes.

Chers frères et sœurs de Rome et du monde entier,

bonne fête de Pâques !

Bonne fête de Pâques !

C’est une grande joie pour moi de pouvoir vous faire cette annonce : le Christ est ressuscité ! Je voudrais qu’elle arrive dans chaque maison, dans chaque famille, spécialement là où il y a plus de souffrance, dans les hôpitaux, dans les prisons…

Surtout je voudrais qu’elle atteigne tous les cœurs, parce que c’est là que Dieu veut semer cette Bonne Nouvelle : Jésus est ressuscité, c‘est l’espérance pour toi, tu n’es plus sous la domination du péché, du mal ! L’amour a vaincu, la miséricorde a vaincu ! La miséricorde l’emporte toujours !

Nous aussi, comme les femmes disciples de Jésus, qui allèrent au tombeau et le trouvèrent vide, nous pouvons nous demander quel sens a cet événement (cf. Lc 24, 4). Que signifie : Jésus est ressuscité ? Cela signifie que l’amour de Dieu est plus fort que le mal et que la mort elle-même ; cela signifie que l’amour de Dieu peut transformer notre vie, faire fleurir ces zones de désert qui sont dans notre cœur. Et cela l’amour de Dieu peut le faire !

Ce même amour par lequel le Fils de Dieu s’est fait homme et est allé jusqu’au bout du chemin de l’humilité et du don de soi, jusqu’aux enfers, jusqu’à l’abîme de la séparation de Dieu, ce même amour miséricordieux a inondé de lumière le corps mort de Jésus, l’a transfiguré, l’a fait passer dans la vie éternelle. Jésus n’est pas retourné à la vie d’avant, à la vie terrestre, mais il est entré dans la vie glorieuse de Dieu et il y est entré avec notre humanité, il nous a ouvert à un avenir d’espérance.

Voilà ce qu’est Pâques : c’est l’exode, le passage de l’homme de l’esclavage du péché, du mal à la liberté de l’amour, du bien. Parce que Dieu est vie, seulement vie, et sa gloire c’est nous : l’homme vivant (cf. Irénée, Adversus haereses, 4, 20, 5-7).

Chers frères et sœurs, le Christ est mort et ressuscité une fois pour toutes et pour tous, mais la force de la Résurrection, ce passage de l’esclavage du mal à la liberté du bien, doit se réaliser en tout temps, dans les espaces concrets de notre existence, dans notre vie de chaque jour. Que de déserts, aujourd’hui encore, l’être humain doit-il traverser ! Surtout le désert qui est en lui, quand manque l’amour de Dieu et du prochain, quand manque la conscience d’être un gardien de tout ce que le Créateur nous a donné et nous donne. Mais la miséricorde de Dieu peut aussi faire fleurir la terre la plus aride, peut redonner vie aux ossements desséchés (cf. Ez 37, 1-14).

Alors, voici l’invitation que j’adresse à tous : accueillons la grâce de la Résurrection du Christ ! Laissons-nous renouveler par la miséricorde de Dieu, laissons-nous aimer par Jésus, laissons la puissance de son amour transformer aussi notre vie ; et devenons des instruments de cette miséricorde, des canaux à travers lesquels Dieu puisse irriguer la terre, garder toute la création et faire fleurir la justice et la paix.

Et demandons ainsi à Jésus ressuscité, qui transforme la mort en vie, de changer la haine en amour, la vengeance en pardon, la guerre en paix. Oui, le Christ est notre paix et par lui implorons la paix pour le monde entier !

Paix pour le Moyen-Orient, en particulier entre Israéliens et Palestiniens, qui ont du mal à trouver la route de la concorde, afin qu’ils reprennent avec courage et disponibilité les négociations pour mettre fin à un conflit qui dure désormais depuis trop longtemps. Paix en Irak, pour que cesse définitivement toute violence, et, surtout, pour la Syrie bien-aimée, pour sa population blessée par le conflit et pour les nombreux réfugiés qui attendent aide et consolation. Que de sang a été versé ! Et que de souffrances devront encore être infligées avant qu’on réussisse à trouver une solution politique à la crise ?

Paix pour l’Afrique, théâtre encore de conflits sanglants. Au Mali, afin qu’il retrouve unité et stabilité ; et au Nigéria, où malheureusement ne cessent les attentats qui menacent la vie de tant d’innocents et où de nombreuses personnes, même des enfants, sont retenues en otage par des groupes terroristes. Paix dans l’est de la République Démocratique du Congo et en République Centrafricaine, où nombreux sont ceux qui sont contraints à laisser leurs maisons et vivent encore dans la peur.

Paix en Asie, surtout dans la Péninsule coréenne, pour que soient surmontées les divergences et que murisse un esprit renouvelé de réconciliation.

Paix au monde entier, encore si divisé par l’avidité de ceux qui cherchent des gains faciles, blessé par l’égoïsme qui menace la vie humaine et la famille, égoïsme qui continue la traite des personnes, l’esclavage le plus répandu en ce vingt-et-unième siècle ; la traite des personnes est vraiment l’esclavage le plus répandu de ce vingt-et-unième siècle ! Paix au monde entier, déchiré par la violence liée au trafic de drogue et par l’exploitation inéquitable des ressources naturelles ! Paix à notre Terre ! Que Jésus ressuscité apporte réconfort aux victimes des calamités naturelles et fasse de nous des gardiens responsables de la création !

Chers frères et sœurs, à vous tous qui m’écoutez de Rome et de toutes les parties du monde, j’adresse l’invitation du Psaume : « Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Oui, que le dise Israël : ‘ Éternel est son amour !’ » (Ps 117, 1-2).

Chers frères et sœurs, rassemblés de toutes les parties du monde sur cette Place, cœur de la chrétienté, et vous tous qui êtes reliés à travers les moyens de communication, je renouvelle mes vœux : Bonne fête de Pâques !

Apportez dans vos familles et vos pays le message de joie, d’espérance et de paix, que chaque année, en ce jour on renouvelle avec force.

Le Seigneur ressuscité, vainqueur du péché et de la mort soit votre soutien à tous, en particulier aux plus faibles et aux plus nécessiteux. Merci pour votre présence et le témoignage de votre foi. Une pensée et un merci tout particulier pour le don de ces très belles fleurs qui viennent des Pays-Bas. À tous je répète affectueusement : que le Christ ressuscité guide chacun de vous et l’humanité tout entière sur les sentiers de la justice de l’amour et de la paix.

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Le ministère pétrinien s’enracine dans l’Église de Rome

L’installation du pape comme évêque de Rome, à Saint-Jean-du-Latran « met en lumière la racine tout à fait ecclésiologique, plantée par la providence de Dieu dans l’Eglise de Rome, d’où part justement le ministère pétrinien », explique Mgr Luca Brandolini, vicaire capitulaire de la cathédrale. Dimanche 7 avril, « dimanche de la miséricorde », dans l’octave de Pâques, le pape François présidera la célébration de l’Eucharistie à l’occasion de son installation sur la chaire romaine. Le rite se déroulera à 17h30, dans la « mère de toutes les Églises », la basilique Saint-Jean-du-Latran, et l’accès sera libre pour tous les fidèles qui désirent y participer.

Zenit – Excellence, quelle est la signification de cette célébration ?

 

Mgr Brandolini – La célébration de dimanche est le rite ancien de l’« installation sur la chaire romaine » et non de la « prise de possession », parce qu’on ne prend possession de rien. Alors que les rites de la remise du pallium et de l’anneau du Pêcheur mettaient en évidence la dimension universelle du ministère du pape élu, celui de dimanche met en lumière la racine tout à fait ecclésiologique, plantée par la providence de Dieu dans l’Eglise de Rome, d’où part justement le ministère pétrinien. Il se déroule dans la basilique du Saint-Sauveur (plus connu comme Saint-Jean-du-Latran) parce que l’usage ancien en a fait l’Église « mère et tête » de toutes les Églises de Rome et du monde entier, comme c’est inscrit sur les montants des colonnes de la façade. C’est aussi une cathédrale, comme toutes les autres, en référence à la « cathèdre », le siège épiscopal d’où l’évêque exerce son service doctrinal et liturgique, « symbole de son autorité d’enseignement, qui n’est pas un pouvoir mais un service et une obéissance à la parole de Dieu et qui est la partie essentielle du mandat de “lier et délier” conféré par le Seigneur à Pierre », comme l’a dit Benoît XVI lors de son installation le 7 mai 2005. La célébration a donc une dimension clairement pneumatologique parce qu’elle exalte l’Esprit comme étant l’origine du charisme et du ministère de Pierre qui commence et qui accomplit toute chose.

Zenit – Quel est le déroulement de la cérémonie de dimanche ?

Mgr Brandolini – Le pape François sera accueilli à la porte principale de la basilique par le cardinal archiprêtre, le cardinal vicaire Agostino Vallini, par le cardinal Camillo Ruini, vicaire émérite, par le Conseil épiscopal du diocèse et par le Conseil presbytéral. Puis il embrassera le crucifix, fera l’aspersion et ira en procession, accompagné de ceux-ci, au Palais du vicariat où il prendra les parements liturgiques. La célébration commencera alors par la salutation du cardinal archiprêtre, selon une tradition liturgique patristique très ancienne, puis le pape François montera sur la chaire pour être acclamé comme évêque de Rome. Dans un second temps, douze personnes accompliront le rite de l’obéissance : le cardinal vicaire et l’archevêque auxiliaire ; deux prêtres, un curé et un vicaire ; un diacre permanent et un diacre qui se prépare au ministère sacerdotal ; deux religieux au service du diocèse de Rome, deux adultes, en général un homme et une femme et deux jeunes qui ont reçu le sacrement de la Confirmation. Ensuite, on célèbrera l’Eucharistie.

Zenit – Selon la Légende majeure de saint François, le pape Innocent III aurait fait un rêve dans lequel le « pauvre d’Assise » soutenait sur ses épaules la basilique du Latran, symbole de l’Église universelle. Quelle signification peut prendre le retour à Saint-Jean-du-Latran d’un nouveau François, un pape portant ce nom pour la première fois ?

Mgr Brandolini – Je crois que l’Église a besoin d’être rajeunie parce qu’elle est « semper reformanda », comme l’a répété à plusieurs reprises le concile Vatican II. Le pape François fera ensuite son propre discernement sur une réforme de l’Église adaptée à notre époque, avec la sensibilité qu’il a développée par son expérience d’évêque. Nous avons vu le style du nouveau pape, très simple, humble, avec une attention prioritaire à tout le monde de la pauvreté. Je crois qu’il poursuivra dans cette voie sur laquelle il s’est déjà engagé.

Zenit – Personnellement, que pensez-vous de ce pape ?

Je pense qu’il est ce que tout évêque doit être, c’est-à-dire, pour reprendre les mots de saint Augustin, Pastor bonus in popolo, le bon pasteur au milieu de son peuple. Pour moi, c’est le premier devoir qu’un évêque ait à accomplir, sans rien enlever à la dimension théologique, doctrinale, qui font également partie de son ministère. Le pape a déjà montré qu’il était un « bon pasteur » en ce sens, avec une grande simplicité, mais aussi avec beaucoup de profondeur et une grande richesse de contenus. J’ai été très frappé, en particulier, par son discours lors de la messe chrismale du Jeudi saint, sur la figure du prêtre : les images de l’huile qui descend sur la chasuble et qui se répand sur tous, et celle du « pasteur avec l’odeur des brebis » sont des expressions vraiment pleines de sens.

Zenit – Le Saint-Père s’est défini davantage, jusqu’à maintenant, comme l’évêque de Rome, et non comme pape…

Et j’espère qu’il jouera son rôle d’évêque de Rome ! Jean-Paul II, par exemple, avait visité presque toutes les paroisses de la capitale ainsi que de nombreux hôpitaux. Quand j’étais évêque auxiliaire pour la santé à Rome, le bienheureux Jean-Paul II visitait chaque année, pendant le carême et l’avent, les hôpitaux, les écoles, les réalités ecclésiales etc. J’espère que le pape François fera la même chose, tout en tenant compte de ses forces physiques. Wojtyla avait été élu à 58 ans et Bergoglio à presque 77 ans.

Zenit – Qu’attendez-vous du premier discours que l’évêque de Rome fera dans sa cathédrale ?

Qu’il parle de la ville de Rome. Plus précisément, il me vient à l’esprit ce que le cardinal Vallini souligne toujours dans ses homélies : Rome est une ville très riche en ressources qu’il faut valoriser non seulement d’un point de vue humain, mais aussi chrétien. C’est une ville multiculturelle, multiethnique mais qui a besoin d’annoncer l’évangile de manière nouvelle et plus forte et de communiquer ouvertement avec toutes les réalités qui sont au service de la promotion de l’homme, de la vie sociale, de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux.

Zenit – Dans les premières célébrations du pape François, nous avons assisté à une « simplification » des rites. En tant que liturgiste, qu’en pensez-vous ?

Nous sommes tout à fait dans la ligne de ce que dit la Constitution conciliaire sur la liturgie, Sacrosanctum conciliuum, c’est-à-dire une « noble simplicité ». Peut-être que, dans les derniers temps, on s’était un peu appesanti sur certains aspects du point de vue extérieur. Je suis donc convaincu que, à travers cette « simplification », le mystère célébré se dévoile et se rend présent de manière plus directe. L’aspect extérieur, en effet, risque d’attirer l’attention davantage sur la dimension esthétique que sur la dimension du mystère, qui nécessite au contraire du silence, un climat de prière et d’écoute essentiels dans l’expérience liturgique.

Zenit – Que pensez-vous du choix du pape de « réduire » les lectures de la messe de Pâques ?

Tout est prévu dans le missel. Je crois que le Saint-Père s’est appuyé sur une indication qui prévoit le choix des lectures et leur diminution, en fonction des circonstances comme par exemple la personne qui préside ou l’assemblée qui participe. Il y a des passages qui ne doivent jamais être sautés, comme la Genèse, l’Exode et la Lettre de saint Paul aux Romains. Les lectures des prophètes, par exemple, peuvent passer de quatre à une. Je ne pense pas que le pape ait voulu en réduire le nombre pour minimiser le sens d’une célébration qui offre un cadre général de l’histoire du salut, dans la liturgie de la Parole. Au contraire, il me semble que tout a été conservé dans la vigile pascale à Saint-Pierre, en particulier les sacrements de l’initiation chrétienne qui sont caractéristiques de cette célébration.

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Être témoins de la Miséricorde : L’appel de Jean-Paul II

« Dans la miséricorde de Dieu, le monde trouvera la paix »

Le bienheureux pape Jean-Paul II a invité tous les baptisés de devenir des apôtres de la Miséricorde divine. Un texte a relire comme un héritage spirituel en ce 8e anniversaire de la mort de Jean-Paul II. Il n'a rien perdu de son actualité, il est riche en espérance.


« Dans la miséricorde de Dieu, a déclaré Jean-Paul II en 2002, le monde trouvera la paix, et l'homme trouvera le bonheur ! Je confie ce devoir, très chers frères et sœurs, à l'Eglise qui est à Cracovie et en Pologne, et à tous les fidèles de la Divine Miséricorde, qui viendront ici de Pologne et du monde entier. Soyez des témoins de la Miséricorde ! »

« C'est pourquoi, aujourd'hui, dans ce sanctuaire, je veux confier solennellement le monde à la Divine Miséricorde », disait Jean-Paul II au sanctuaire de la divine miséricorde de Lagiewnicki, près de Cracovie, qu’il a consacré le 17 août 2002, lors de son voyage en Pologne (16-18 août).

Il a aussi confié le monde à la miséricorde divine en disant : « C'est pourquoi, aujourd'hui, dans ce sanctuaire, je veux confier solennellement le monde à la Divine Miséricorde. Je le fais avec le désir que le message de l'amour miséricordieux de Dieu, proclamé ici à travers sainte Faustine, atteigne tous les habitants de la terre et remplisse leur cœur d'espérance. Que ce message se diffuse de ce lieu dans toute notre Patrie bien-aimée et dans le monde. Que s'accomplisse la promesse solide du Seigneur Jésus; c'est d'ici que doit jaillir “l'étincelle qui préparera le monde à sa venue ultime” (cf. Journal, 1732 - éd. it. p. 568). Il faut allumer cette étincelle de la grâce de Dieu. Il faut transmettre au monde ce feu de la miséricorde ».

Comme sainte Faustine, déclarait le pape, « nous voulons professer qu'il n'existe pas pour l'homme d'autre source d'espérance en dehors de la miséricorde de Dieu », « nous désirons répéter avec foi: Jésus, j'ai confiance en Toi ! »

Jean-Paul II soulignait l’urgence et l’actualité de cette annonce en ajoutant : « Nous avons particulièrement besoin de cette annonce, qui exprime la confiance dans l'amour tout-puissant de Dieu, à notre époque, où l'homme éprouve des sentiments d'égarement face aux multiples manifestations du mal. Il faut que l'invocation de la miséricorde de Dieu jaillisse du plus profond des cœurs emplis de souffrance, d'appréhension et d'incertitude, mais dans le même temps à la recherche d'une source infaillible d'espérance ».

Le pape invitait alors à la contemplation devant l’icône de Jésus miséricordieux en disant : « Avec les yeux de l'âme, nous désirons contempler le regard de Jésus miséricordieux, pour trouver dans la profondeur de ce regard le reflet de sa vie, ainsi que la lumière de la grâce que, tant de fois déjà, nous avons reçue et que Dieu nous réserve pour tous les jours et pour le dernier jour ».

Le pape disait l’importance de ce sanctuaire de la miséricorde : « C'est dans ce même esprit de foi que je suis venu à Lagiewniki, pour dédier ce nouveau temple, convaincu qu'il s'agit d'un lieu particulier choisi par Dieu pour déverser la grâce de sa miséricorde ».

C’est en ce lieu qu’a eu lieu le dernier congrès mondiale de la miséricorde divine en octobre 2011, en présence des reliques de Jean-Paul II et de sainte Faustine.

Le pape soulignait l’importance de ce lieu : « Je prie afin que cette église soit toujours un lieu d'annonce du message de l'amour miséricordieux de Dieu ; un lieu de conversion et de pénitence ; un lieu de célébration de l'Eucharistie, source de la miséricorde ; un lieu de prière et d'imploration assidue de la miséricorde pour nous et pour le monde ».

« C'est l'Esprit Saint, Consolateur et Esprit de Vérité, qui nous conduit sur les voies de la Divine Miséricorde », a encore affirmé Jean-Paul II.

Il disait le besoin du monde d’aujourd’hui : « Comme le monde d'aujourd'hui a besoin de la miséricorde de Dieu! Sur tous les continents, du plus profond de la souffrance humaine, semble s'élever l'invocation de la miséricorde. Là où dominent la haine et la soif de vengeance, là où la guerre sème la douleur et la mort des innocents, la grâce de la miséricorde est nécessaire pour apaiser les esprits et les cœurs, et faire jaillir la paix. Là où manque le respect pour la vie et pour la dignité de l'homme, l'amour miséricordieux de Dieu est nécessaire, car à sa lumière se manifeste la valeur inestimable de chaque être humain. La miséricorde est nécessaire pour faire en sorte que chaque injustice du monde trouve son terme dans la splendeur de la vérité »

Le bienheureux Jean-Paul II a conclu son homélie par cette prière :

Dieu, Père miséricordieux,

qui as révélé Ton amour dans ton Fils Jésus-Christ,

et l'as répandu sur nous dans l'Esprit Saint Consolateur,

nous Te confions aujourd'hui

le destin du monde et de chaque homme.

Penche-toi sur nos péchés,

guéris notre faiblesse,

vaincs tout mal,

fais que tous les habitants de la terre

fassent l'expérience de ta miséricorde,

afin qu'en Toi, Dieu Un et Trine,

ils trouvent toujours la source de l'espérance.

Père éternel,

pour la douloureuse Passion

et la Résurrection de ton Fils,

accorde-nous ta miséricorde,

ainsi qu'au monde entier ! Amen.

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Recherche sur l’embryon humain : la loi du marché

Extrait d’une réflexion du Pr Jean-René BINET

Le 4 décembre 2012, le Sénat, dont notre Sénateur Richard TUHEIAVA, a adopté une loi dont l’unique article vise à libéraliser les recherches sur les embryons humains et leurs cellules. Cette libéralisation qui passe par l’affirmation du principe d’autorisation de ces recherches et l’abandon de la nécessité de justifier une quelconque perspective de progrès pour les justifier, vise à satisfaire des enjeux économiques en permettant l’utilisation des embryons comme réactifs de laboratoires. Mercredi 3 avril, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a assuré que la proposition de loi autorisant la recherche sur l'embryon sera prochainement de retour à l'Assemblée nationale. Devant le groupe radical de gauche, auteur de cette proposition de loi mise en échec jeudi 28 avril, Jean-Marc Ayrault « a pris l'engagement [...] que [la] proposition serait inscrite à l'ordre du jour prioritaire du gouvernement ”dans les prochaines semaines” ». Selon lui, le texte est « très attendu par les patients et les chercheurs" et doit "aller à son terme ».

Le texte adopté par le Sénat : La consécration de la puissance du marché.

Le texte adopté par le Sénat le 4 décembre 2012 emporte deux modifications capitales. Tout d'abord, il supprime le principe d'interdiction des recherches sur l'embryon avec possibilité de dérogations pour le remplacer par un régime d'autorisation sous conditions. Symboliquement, la destinée humaine de l'embryon est donc niée. Ensuite, il permet ces recherches dès lors qu'elles s'inscrivent dans une « finalité médicale », sans aucune exigence relative à l'éventualité de faire progresser la science médicale ! Il marque dès lors de manière très claire l'abandon des espérances thérapeutiques fondées sur les recherches en question. Il est particulièrement critiquable de constater que cet abandon, qui devrait conduire à un retour à un strict principe d'interdiction, a conduit les sénateurs à abandonner l'embryon humain aux forces du marché.

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L'embryon humain sacrifié sur l'autel du marché !

Le texte adopté par le Sénat ne fonde plus la nécessité des recherches sur l'embryon sur l'objectif de faire progresser la médecine dans la perspective de trouver de nouvelles thérapies. Comment faut-il comprendre la « finalité médicale » envisagée par la proposition de loi ? Si l'on se fie aux travaux menés à l'occasion de la révision de 2011, il s'agit de considérations purement économiques. En effet, la « finalité médicale » avait été proposée par l'OPECST dans un rapport rédigé en décembre 2008. Il suggérait en effet d'autoriser les recherches sur l'embryon qui poursuivraient une « finalité médicale » et précisait alors ce que cela signifiait. Selon ce rapport, l'utilisation des cellules souches « permettrait, à terme, de diminuer le coût de développement des médicaments, limiter les essais sur les animaux et l'homme » en permettant des analyses toxicologiques des médicaments.

Techniquement, le rapport envisageait principalement la technique du screening, qui consiste à bombarder des cellules avec les molécules dont on souhaite notamment mesurer la toxicité. Les embryons humains, conçus dans le cadre d'une assistance médicale à la procréation, seraient donc utilisés comme des réactifs de laboratoire dans un objectif de réalisation d'économies dans le développement des médicaments. Cette instrumentalisation de l'embryon, contraire aux principes du droit français, du droit international (Conv. sur les droits de l'homme et la biomédecine, Oviedo, 4 avril 1997, art. 18, § 1) et du droit communautaire (CJCE, 18 octobre 2011,) a été repoussée lors des derniers débats de bioéthique.

Les « enjeux financiers très importants » qui pourraient résulter de l'autorisation d'une telle utilisation des cellules souches embryonnaires avaient été expliqués, lors de son audition devant la mission parlementaire d'information, par le Professeur Marc Peschanski. Cependant, ces arguments n'emportèrent pas la conviction de ses membres. Dès lors, Jean Leonetti réaffirma constamment son refus de s'orienter vers l'abandon du principe d'autorisation qui n'était justifié que par la volonté de permettre un développement industriel et commercial plus important (Leonetti J., Assemblée nationale, 10 février 2011). Lors des débats ultérieurs, Hervé Mariton a rappelé que, lors des auditions devant la mission parlementaire, les chercheurs avaient parfaitement établis que le principe d'interdiction n'entravait pas les recherches mais ne ralentissait que les perspectives d'investissement massif dans ce secteur. Ainsi, le professeur Ménasché déclarait sa déception à l'égard des perspectives de maintien du principe d'interdiction : « Si cela pouvait se justifier en 2004, ce n'est plus possible aujourd'hui. Non que cela entrave nos recherches : nous les avons conduites sous ce régime et pourrions donc continuer de le faire. En revanche, ce dispositif, que nul ne comprend hors de l'Hexagone, nuit gravement à l'image de notre pays et le rend moins attractif auprès des industriels, qui commencent maintenant à réfléchir en termes d'indications élargies ».

Avec la fuite des cerveaux et la crainte du retard de la recherche française, le risque de perte de compétitivité économique est souvent exagéré. De toute façon, exagéré ou non, l'argument économique n'a pas sa place dans ce type de débats et, si les perspectives thérapeutiques avaient pu convaincre le législateur de 2004 de sacrifier l'éthique à titre dérogatoire, les perspectives de profits industriels ne sauraient emporter la même solution. Quant au professeur Munich, il déclarait très clairement lors de son audition par la commission spéciale : « L’essor des connaissances retirées des recherches sur les IPS va nous affranchir de la nécessité de travailler sur des cellules souches embryonnaires ». Lorsque Alain Claeys lui répliqua que « beaucoup des chercheurs auditionnés ( ... ) ont dit le contraire », il répondit : « parce qu'ils défendent des points de vue d'une autre nature que strictement scientifique ».

Le seul intérêt tangiblement associé à un abandon du principe d'interdiction des recherches au profit d'un régime d'autorisation est donc de nature économique. En 2011, Jean Leonetti affirmait que ces considérations devaient demeurer étrangères aux débats de bioéthique. Si elles devaient emporter l'adoption à l'Assemblée nationale du texte transmis par le Sénat, ce serait le signe clair que désormais, les questions de bioéthique sont dominées par les nécessités du marché.

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Comment chemine la foi ?

Commentaire de l’évangile du 2ème Dimanche Pâques – Année C

Comment chemine la foi ? Fonctionne-t-elle de manière linéaire ou connaît-elle des hauts et des bas, des certitudes et des doutes, des lumières et des ombres ?

La progression de la foi de Thomas est éclairant à ce sujet. Tant qu’il vivait avec Jésus et qu'il pouvait lui parler tous les jours, Thomas avait foi en Jésus. Il le voyait de ses yeux et l’entendait avec ses oreilles. Sa certitude se basait sur une certitude sensible.

Mais après la mort de Jésus, c’est tout autre chose : sa foi subit une éclipse. Sans cette certitude physique, humaine, sensible, il se met à douter et à poser des conditions à sa foi : « Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets la main dans son côté, non, je ne croirai pas ».

Quand il voit Jésus après Pâques, c’est alors l’éblouissement. Il l'écoute lui dire avec amour : « Avance ton doigt, et vois mes mains; avance ta main et mets-la dans mon côté; cesse d'être incrédule, sois croyant ». Thomas lui fait la plus belle profession de foi qui soit, et qui est en même temps un merveilleux acte d'amour : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Et Jésus conclut : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » Heureux ceux qui passent d'une certitude humaine à la certitude de la foi.

N'est-ce pas souvent le même chemin, ou presque, que nous suivons ? Nous n'avons pas vu le Christ certes. Mais notre foi passe par des doutes, des nuits, des ténèbres, pour en ressortir grandie ? Qui ne s'est pas dit un jour : « Et si tout cela n'était qu'une belle histoire ! S'il fallait que le Christ ne soit pas ressuscité ! Après tout, personne ne l'a vu sortir du tombeau ! » ? Qui de nous, au temps de la souffrance, n’a vu toutes ses certitudes s’envoler comme feuilles sous l’orage ?

Et puis, après ces questions et ces nuits, la lumière est revenue, plus belle, plus forte et plus claire. Comme en amour. Car, au fond, la foi, est-ce autre chose que de tomber, ou retomber, en amour avec le Seigneur ? La foi, ce n'est pas d'abord croire à des vérités, même si c'est aussi cela. C'est d'abord rencontrer le Christ et avoir un coup de foudre pour lui et, ensuite, désirer constamment nous trouver avec lui, soupirer quand il disparaît ou que nous, nous nous éloignons de lui, désirer de tout notre être le retrouver, goûter sans cesse à la douceur et à la force de son amour et essayer de le lui rendre un peu. La foi, c'est rien d'autre qu'une histoire d'amour jamais achevée, toujours recommencée, éternellement écrite dans le cœur de l'autre.

C'est cela la chose la plus importante qui s'est passée dans cette rencontre du Christ avec Thomas. C'est encore cela qui se passe pour nous aujourd'hui : notre foi ne devient une vraie foi que le jour où nous tombons, ou retombons, en amour avec le Christ, que le jour où nous nous savons et où nous nous sentons recherchés avidement par le Seigneur et où nous le retrouvons, dans une rencontre amoureuse que nous voudrions éterniser... Et ainsi, de lumières en lumières et de nuits en nuits, grandit notre foi. Jour après jour, elle avance vers l'accomplissement total, vers l'éternité où elle disparaîtra pour se transfigurer complètement en amour de Dieu. « Aujourd'hui, nous voyons une image obscure comme dans un miroir; mais, ce jour-là, nous verrons face à face » (1 Co 13, 12).

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